Les rats de musée de Lee Eun (+ un film coréen)

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Les rats de musée de Lee Eun (+ un film coréen)

Message  Gregory le Mer 14 Sep 2011 - 20:12





Le musée Jeongno, à Séoul, spécialisé dans l'art contemporain coréen, vit une période difficile. En quelques mois, un artiste est victime d'un accident mortel, un autre est porté disparu. Alors que doit se tenir une exposition sur l'art vénitien, celle-ci est interrompue par le directeur du musée, Pak Kilyong, et remplacée par deux expositions: celle d'une peintre célèbre, Lim-Yeong-Suk, épouse du peintre disparu, et celle d'un jeune artiste tout juste sorti de l'école des Beaux-Arts, Kim Jun-Ki. Celui-ci, lors d'un entretien avec Pak Kilyong, se voit remettre un catalogue des œuvres de kim Jun-Ki ainsi qu'un billet d'entrée pour l'expo vénitienne par un directeur paraissant bien soucieux. Peu après la rencontre, ce dernier se suicide par pendaison dans son bureau. Alors qu'un journaliste mène une enquête à propos d'une organisation mafieuse opérant un trafic de faux tableaux où seraient impliqués des membres du personnel du musée, le jeune peintre est intrigué par les dernières paroles du suicidé, évoquant le tableau La tempête de Giorgione, ainsi que par certaines bizarreries contenues dans le catalogue. Il en conclut que Pak Kilyong a voulu lui faire passer un message avant de mourir, et tente de résoudre le mystère, pensant trouver la clé dans la symbolique cachée de l’œuvre énigmatique de Giorgione.
Publié cette année par les éditions Philippe Picquier, ce récit au style très sobre (trop peut-être, à part les ekphrasis où pointe un certain lyrisme) développe une énigme prenante, où seront passées en revue les différentes interprétations de La tempête: simple paysage, illustration d'une œuvre de la littérature classique ou bien signification religieuse cachée, en relation avec un dragon peint en arrière-plan.
La résolution du mystère est assez simple et prosaïque, mais comporte une idée intéressante et assez provocante qui interroge le lecteur sur la nature d'une œuvre d'art (par exemple, celle-ci peut-elle encore avoir une forte valeur aussi bien artistique que marchande si c'est une reproduction? ), ainsi que sur les motivations des acteurs du marché de l'art. C'est essentiellement par le questionnement esquissé lors du dénouement de l'histoire que le roman mérite d'être lu, même si l'enquête en elle-même est assez intrigante par moments. En tout cas, il m'a donné envie de découvrir ultérieurement d'autres auteurs de romans policiers coréens.







Ce roman m'a fait songer à un film coréen vu l'an dernier, Insadong Scandal , réalisé en 2009 par Park Hee-Gon.
Dans le film, la directrice d'une galerie d'art, associée à une organisation mafieuse, réalise des copies de tableaux qu'elle vend à différents musées tout en réservant les originaux à un collectionneur privé. Ayant fait l'acquisition du Byeokando, un tableau légendaire datant de la dynastie Joseon, elle demande à un expert de le restaurer pour doubler sa valeur marchande, puis d'en réaliser une copie parfaite. Mais des groupes mafieux concurrents tentent de s'emparer du chef d’œuvre.
A l'instar du roman, le long métrage décrit les dessous du marché de l'art coréen. C'est un film de divertissement comportant bon nombre de scènes d'action et un vol opéré dans un musée. Si la réalisation n'a rien d'exceptionnel, il possède néanmoins quelques qualités. Outre le fait qu'il détaille les étapes de la réalisation d'un faux de l'époque Joseon par le menu, la fin réserve un rebondissement de taille, assez savoureux. Un petit film policier plaisant, en somme, qui n'est pas édité en DVD en France, mais dont une version sous-titrée en français est trouvable sur le net.


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