Le sourire de la hyène (giallo, 1972)

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Le sourire de la hyène (giallo, 1972)

Message  hellrick le Dim 6 Jan 2013 - 15:44

Un nouveau giallo avec mecc inside (très simple) mais pour les complétistes ou les fans de giallo (comme moi) Very Happy ma critique:

Egalement réalisateur, l’année précédente, de l’intéressant AMUCK !, Silvio Amadio livre ici un nouveau giallo de machination qui, après un démarrage plutôt lent (et parfois ennuyeux) s’emballe dans une seconde partie nettement plus palpitante et riche en révélations successives.

La riche Dorothy meurt, après avoir bu exagérément, la gorge tranchée dans une pièce fermée à clé et la police conclut, logiquement, au suicide. Sa fille, Nancy, revient dans la maison pour toucher son héritage et rencontre Gianna, une jeune et séduisante photographe qui entretient une relation avec Marco, le beau-père de Nancy, lequel avait prévu de divorcer de Dorothy. Peu après, lors d’une sortie maritime, Nancy tombe accidentellement à l’eau et Marco ne semble aucunement préoccupé de la sauver. Dès lors, la demoiselle soupçonne Marco de vouloir attenter à sa vie mais sa séduction naturelle commence à agir, tant sur Marco que sur Gianna…

En dépit d’un titre animalier qui tente de le rapprocher des premières œuvres de Dario Argento, LE SOURIRE DE LA HYENE s’inscrit bien davantage dans la lignée des « sexy giallo » de machination, élaborés par Umberto Lenzi à la toute fin des années soixante. Ceux-ci ne sont, d’ailleurs, que d’habiles variations sur les motifs imaginés par les romanciers français Boileau et Narcejac, lesquels furent souvent adaptés au cinéma, entre autre par Clouzot (avec LES DIABOLIQUES) et Hitchcock (avec SUEURS FROIDES).

Si l’intrigue est classique, LE SOURIRE DE LA HYENE se révèle cependant un plaisant thriller qui se suit avec plaisir et attention en dépit d’un rythme exagérément lent et de rebondissements parfois attendus. Silvio Amadio met, par exemple, beaucoup de temps à entrer réellement dans le vif du sujet et la première partie du métrage manque franchement de nerfs. Elle se résume à de pesantes discussions et d’interminables sessions photographiques, certes gentiment sexy mais surtout rapidement lassante. Bien évidemment, le cinéaste s’autorise quelques intermèdes coquins, les trois protagonistes principaux de l’intrigue finissant, à un moment ou un autre, au lit. Deux femmes, un homme, trois possibilités…Rien de bien novateur sous le soleil de la Péninsule, à l’image du gimmick employé pour refermer la porte de la chambre close, à savoir une habile utilisation de ficelles permettant de tourner la clé de l’extérieur. Un brin décevant pour les amateurs de ce type d’énigme dont la littérature nous a offert, depuis plus d’un siècle, de bien plus brillantes variations.

La mise en scène de Silvio Amadio constitue cependant un des indéniables atouts du long-métrage : le cinéaste se permet ainsi de nombreux plans intéressants et bien pensés qui utilisent adroitement les reflets (par exemple dans les miroirs) pour produire des images kaléidoscopiques fascinantes et souvent joliment travaillées. Les séances de photographies, quoique longuettes, traduisent d’ailleurs une semblable obsession du réalisateur pour l’image et permettent, de manière plus prosaïque, d’admirer l’anatomie de ses deux actrices, souvent dévêtues.

La nymphette Jenny Tamburi (vue dans MORT SUSPECTE D’UNE MINEURE) s’octroie ainsi le rôle principal et se montre convaincante en demoiselle déboussolée de plus en plus menacée par les manipulations de son entourage. Plus expérimentée, Rosalba Neri, familière du giallo et du bis italien (LADY FRANKENSTEIN, LA CLINIQUE SANGLANTE, etc.), assure elle-aussi, par son interprétation efficace, la crédibilité de l’énigme. Elle partage, bien sûr, le lit de Tamburi pour l’inévitable scène lesbienne, un passage incontournable du giallo toujours plaisant à regarder. Silvano Tranquilli (LA TARANTULE AU VENTRE NOIR) et la belle Hiram Keller (LES DIABLESSES, SATYRICON) complètent cette solide distribution sur laquelle repose, en grande partie, la réussite, modeste mais réelle, de l’entreprise.

Dans sa dernière demi-heure, LE SOURIRE DE LA HYENE convoque enfin une suite de rebondissements bien pensés qui relancent habilement l’intérêt même si tout cela demeure quelque peu convenu. Les familiers du genre devineront probablement la plupart des nombreux twists concoctés par Amadio, y compris le final, forcément moralisateur et voulu surprenant, quoique déjà fréquemment utilisé dans le giallo. Cela ne gâche cependant pas réellement le plaisir pris devant ce petit thriller maîtrisé et tout à fait fréquentable.

Si le rythme hésitant de la première partie et l’utilisation épuisante d’un thème musical mémorable mais trop répétitif atténuent la bonne impression générale, ce giallo agréable et bien filmé demeure une réussite mineure du genre qui saura contenter les amateurs.
Wink

hellrick

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