L'étrange disparition du docteur Brown

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l'étrange disparition du Dr. Brown

Message  philippe FOOZ le Sam 22 Fév 2014 - 12:39

La nouvelle de Boris Akounine, "Conversation de salon", figure dans le recueil "La prisonnière de la Tour".

philippe FOOZ

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Re: L'étrange disparition du docteur Brown

Message  renato le Sam 22 Fév 2014 - 13:39

carterdickson a écrit:"La maison de Goblin Wood". Une petite merveille d'ingéniosité et d'humour noir.... Idée reprise dans une nouvelle de Boris Akounine dont j'ai oublié le titre.

Et où on trouve cette nouvelle ? dans un recueil publié au Masque ? une anthologie de Roland Lacourbe ?
Je l'ai peut-être, et j'aimerais bien la relire.
Merci.
René

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Re: L'étrange disparition du docteur Brown

Message  carterdickson le Sam 22 Fév 2014 - 15:19

Anthologie de Lacourbe: Les Meilleures Histoires de chambres closes, Paris, Minerve, 1985.
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Re: L'étrange disparition du docteur Brown

Message  renato le Sam 22 Fév 2014 - 16:25

carterdickson a écrit:Anthologie de Lacourbe: Les Meilleures Histoires de chambres closes, Paris, Minerve, 1985.

MERCI !
Renato

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Je reviens sur l'énigme...

Message  Merrivale le Lun 24 Fév 2014 - 9:15

Bon, je vois que j’arrive un peu après la bataille.
J’avoue que l’idée d’évacuer le corps par le conduit de cheminée m’avait également traversé l’esprit, mais je l’avais aussitôt écartée.

En fait, ce qui me gêne dans cette solution, c’est qu’il est précisé que le criminel n’a eu qu’une demi-heure pour perpétrer son forfait. Ca me paraît un peu court pour démembrer un corps, plus encore si James a pris le temps de transformer la pièce en salle blanche avec une bâche… A moins bien sûr que la conversation échangée entre James et Brown ne soit qu’un leurre pour tromper les policiers à l’extérieur (encore faut-il imiter la voix de Brown)…

Ce qui me paraît le plus dur à admettre, c’est que quelqu’un découpe un corps sans que les plantons de l’autre côté de la porte ne l’entendent.
[mode gore (mais c’est pas moi qui ai commencé  Laughing )]
Pour les membres, passe encore, ca doit se gérer comme pour des ailes de poulet au déjeuner dominical. Mais si le conduit de cheminée est trop étroit pour un corps adulte, j’imagine qu’un tronc ne passe guère mieux. Faut donc trancher dans le vif, comme l’a si poétiquement évoqué Renato, et là, y’a pas moyen, faut faire craquer 2-3 os… et je ne parle pas des 5 litres de sang, qui doit gicler dans tous les sens et qu'il faut récupérer avec un seau et une éponge…
Bref…
[fin du mode gore]

Dernier petit détail qui me chagrine dans la résolution proposée, il est mentionné que Smith utilise volontiers des complices et qu’il ne rechigne pas à tuer. C’est effectivement fair-play de l’annoncer, sauf qu’ici, ce n’est pas Smith qui tue, mais son complice. Finalement, Smith n’est ici qu’un faire-valoir… C’est un peu dommage pour un génie criminel de se reposer autant sur un complice. Ca se corrige aisément en intervertissant les rôles : le complice est sur le toit, et l’inspecteur James est finalement bel et bien Smith en personne. Après tout, comme il est dit que Smith est un émule de Lupin, on peut aisément imaginer que c’est un maître en déguisement. Toutefois, si ma mémoire est exacte, Lupin créait des rôles sur mesure, mais n’endossait pas le rôle de gens réels (ou alors disparus depuis longtemps). Il faut que Smith soit sacrément balèze pour tromper toute sa brigade (à supposer qu’ils ne sont pas tous complices, mais dans ce cas la solution de l’énigme devient triviale…)

Ceci dit, je critique, je critique, mais je n’ai rien de mieux à proposer…
Malgré les points relevés, la solution proposée a effectivement le mérite de l’originalité. Et l’idée d’utiliser la cheminée pour faire entrer des éléments alors que tout le monde se pose la question de savoir comment Brown a pu sortir est tout bonnement excellente.

Merrivale

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Une résolution alternative...

Message  Merrivale le Lun 24 Fév 2014 - 18:06

Bon, je me lance dans un essai d’explication des faits. Je n’ai pas dit que ca allait être convaincant, ni même  crédible… C’est juste pour pousser le jeu, même si la résolution a déjà été donnée. Après tout, les bons récits de MECC proposent souvent plusieurs solutions d’un même problème, avant que le détective favori de l’auteur ne mette tout le monde d’accord.

Il va de soi que la vraie explication reste celle de RipperReed, la mienne n’est qu’une tentative désespérée d’un lecteur qui s’est une fois de plus laissé jouer par l’auteur. Bien entendu, je pioche sans vergogne dans les suggestions des uns et des autres pour ce faire. En revanche, je ne m'appuie que sur l'énoncé initial et pas sur les précisions ultérieures de RipperReed (qui avaient pour objet d'orienter les joueurs vers sa solution).

Résumons : James et Brown sont dans une pièce fermée, de laquelle Brown disparaît.
Deux options : soit James a fait disparaître Brown, soit Brown s’est fait disparaître tout seul.
L’option 1 n’a de sens que si James est en réalité le sinistre Smith. Dans ce cas Brown aurait dû le reconnaître puisqu’il prétend connaître le criminel. Donc : non, cette option tombe d’elle-même au profit de l’option 2.

Deux interprétations sont alors possibles : soit Brown est lui-même Smith, soit pour une raison non élucidée, il souhaite échapper à son passé, et veut faire porter le chapeau à ce Smith qui défraie la chronique.
Au final, peu importe, prenons pour base que Brown = Smith, ca permet d’avoir plus d’éléments pour résoudre le cas, en commençant par le mobile.
On peut par exemple imaginer qu’un esprit perspicace saurait relier d’une façon ou d’une autre le brave docteur Brown aux précédentes exactions de Smith (et pour cause puisqu’il en est l’auteur). En d’autres termes, ca devient chaud pour lui, et il décide de prendre les devants pour éviter de se faire pincer. Arguant du fait que précisément il a été lié à ces crimes, il fait courir le bruit qu’il en a déduit la véritable identité de Smith et organise sa propre disparition. N’oublions pas que ca se passe chez lui, ce qui permet quelques aménagements préalables… Pour commencer, c’est sans doute lui qui a suggéré à la police que cette pièce était la plus sûre de son domicile, et qui l’a aménagée pour ses desseins.

Brown étant médecin, il n’est pas invraisemblable d’imaginer qu’il connaît un narcoleptique qui permettrait de provoquer des micro-sommeils chez James, sans que la victime ne sente de signes avant-coureurs.
(Si on était dans un roman, c’est sans doute ce qui mettrait le détective sur la piste : cherchant à mieux connaître le médecin disparu, il peut s’intéresser à cette épidémie de narcolepsie qui touche certains de ses patients, et qui sont en fait les essais successifs du médecin criminel pour trouver le bon dosage)

Revenons au descriptif du problème : il y a dans la pièce un globe mini-bar, et le dialogue entre un Brown anxieux et un James détendu suggère fortement qu’ils l’ont utilisé. Brown, sous le stress de la situation, propose tout naturellement de prendre un verre « pour se détendre les nerfs », et James semble suffisamment sûr de lui pour accepter, bien qu’il soit en service. Brown lui remet un verre drogué, et, tout en continuant la discussion, va se poster près de la cheminée, faisant mine de regarder le foyer pour lui tourner le dos. Par de brèves et discrètes œillades, il observe James, attendant qu’il s’écroule dans le fauteuil où il était assis.
Cette cheminée est effectivement le seul accès au monde extérieur, et Smith ne se prive probablement pas d’y recourir. C’est le meilleur moyen pour faire passer un corps démembré… et ceci même sans que ca tourne à la boucherie générale…

Je m’explique : aussitôt James dans les vapes, Brown transmet par le conduit de cheminée un signal lumineux à son complice sur le toit, qui lui envoie, en multiples allers-retours, une tenue de gentleman-cambroleur, avec perruque, cape et loup, et surtout… un mannequin en pièce détachée.  Oui oui, un mannequin comme on en voit en vitrine, qui peut être assemblé en deux temps-trois mouvements. Notons que le torse peut se réduire à un simple cintre vissable sur une tige faisant office de colonne vertébrale – ce qui lui permet d’emprunter le passage étroit de la cheminée.
Brown construit le mannequin, le revêt de ses habits, le coiffe de la perruque et l’installe dans la posture qu’il occupait précédemment près de l’âtre. Lui-même se revêt de la tenue traditionnelle de Smith et se planque dans l’armoire. S’il a bien minuté l’effet de son narcoleptique, James se réveille peu après, sans avoir de raison réelle de penser s’être assoupi : il est toujours assis dans la même posture et Brown lui-même n’a pas bougé de la cheminée. S’il a préalablement ménagé des ouvertures dans les parois de l’armoire, Brown peut même se payer le luxe de reprendre brièvement la conversation où il l’avait laissée sans que James se doute que son interlocuteur s’est déplacé.
Brown/Smith n’a plus qu’à surgir de l’armoire et assommer l’inspecteur ! Si tout se passe suffisamment vite, James n’aura pas le temps de s’étonner de la fixité du faux Brown, de même qu’il n’aura de raison de douter qu’à ce moment, trois hommes sont dans la pièce.
James assommé, Brown transmet un nouveau signal à son complice et l’étrange trafic reprend à travers la cheminée : le mannequin repart, de même que la tenue de cambrioleur, et celle du docteur Brown. En échange, Smith reçoit de quoi se faire passer pour un policeman.

Pourquoi cette mise en scène compliquée ? Essentiellement pour des raisons psychologiques. D’une part, parce qu’elle renforce le côté « magique » des apparitions de Smith. Mais surtout pour mieux manipuler le comportement de James. Lorsque l’inspecteur se réveille, on nous précise qu’il fouille aussitôt la pièce. Si le docteur Brown avait simplement disparu après que James ait été drogué/assommé, son premier réflexe aurait de soupçonner un passage et de re-vérifier très sérieusement les issues, les murs, pour comprendre cette disparition. Mais ici, il a été témoin d’une apparition mystérieuse, alors qu’il avait déjà sécurisé la pièce. Cette apparition représente déjà un aveu d’échec de sa réflexion, et nul doute que dans son esprit la disparition de Brown soit d’ores et déjà considérée comme de même nature que l’apparition de Smith, c’est-à-dire tout aussi incompréhensible. De sorte que, inconsciemment, lorque James « vérifie » à nouveau la pièce à son réveil, cette vérification cherche moins à expliquer l’inexplicable qu’à corroborer son impossibilité apparente.
Lorsqu’il se réveille au fond de son fauteuil, l’inspecteur voit dans son champ de vision immédiat l’ensemble de la pièce vide. Par acquit de conscience, il regarde dans le conduit de cheminée, dans l’armoire, soulève le heaume de l’armure, mais ne voit rien, il s’attend à ne rien voir. Pourquoi est-ce si important ? Parce que les fenêtres cadenassées (qui sont sur le mur dans le dos du fauteuil), il n’a donc pas besoin de s’en approcher pour voir qu’elles sont toujours verrouillées par des cadenas intacts. En somme, le fauteuil de James était comme comme un fauteuil de théâtre, d’où il a pu voir toute la pièce montée par Smith ; en fouillant la pièce, c’est comme s’il en avait arpenté la scène, mais sans jamais franchir cette ligne virtuelle qui sépare la scène du parterre des spectateurs. Car notre ami Brown, où est-il, lui ? Eh bien, mais… planqué derrière le massif fauteuil club, bien entendu !

A peine James, par sa fouille superficielle, est-il convaincu que la pièce est vide, qu’il se rue sur la porte pour alerter ses collègues dans le couloir, et Brown en profite pour se faufiler derrière le battant de la porte. Lorsque les policemen pénètrent dans la pièce, ils se ruent naturellement vers les éléments les plus suspects de la pièce : la cheminée, l’armoire, l’armure… toutes choses diamétralement opposées à la porte. Lorsqu’un policier de plus surgit dans la pièce, chacun occupé à fouiller ne peut jurer qu’il a jailli du mauvais côté du battant de porte… Il peut presque s’éclipser discrètement, rien de moins suspect qu’un policier dans une maison où un meurtre vient d’être commis.
S’il est aussi bon en déguisement que Lupin son modèle, peut-être a-t-il même poussé le vice jusqu’à se grimer pour ressembler à un des agents de la brigade. Voire, comme Smith utilise volontiers des complices, peut-être le fameux complice sur le toit était-il en fait un policier, par exemple le planton que l’on avait chargé de rester à l’extérieur pour surveiller le jardin. Dans ce cas, c’est pour lui que Smith se fait passer, ce qui permet d’assurer le coup en faisant rentrer le second en scène quand le premier s’éclipse discrètement…

On pourrait objecter que Smith n’hésite généralement pas à tuer. Pourquoi alors ne pas avoir tout simplement supprimé l’inspecteur au lieu de monter cette mise en scène ? D’une part, parce que James représente en quelque sorte sa porte de sortie de la chambre close. Mais surtout pour disperser les soupçons : si les policiers de faction, en entrant dans la pièce, avaient découvert le seul corps de l’inspecteur, ils auraient trouvé fortement suspect que le médecin n’ait pas subi le même sort, lui que Smith avait tout intérêt à supprimer en premier une bonne fois pour toute. Pour une fois, il importait au criminel que cette affaire ne laisse aucune victime sur le carreau…

Voilà, désolé pour la longueur de l'exposé...
Je vous accorde que cette solution tarabiscotée, dans laquelle l’assassin est resté caché dans la chambre close, n’est pas très élégante, et tout aussi tirée par les cheveux. Disons que, là où RipperReed résout l’énigme à la façon d’un roman japonais, je propose une résolution moins sanglante, convenant mieux aux vieilles dames amatrices de thé et de romans policiers anglais.  Laughing

Merrivale

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Re: L'étrange disparition du docteur Brown

Message  hélène le Lun 24 Fév 2014 - 20:58

J'adore le thé.

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Smith, Brown, James, le thé et les séries anglaises.

Message  renato le Lun 24 Fév 2014 - 23:04

hélène a écrit:J'adore le thé.

Et moi je me demande comment on peut aimer ce breuvage !  Very Happy , enfin ... les goûts et les couleurs ...
Ah le thé ... potion magique ... je souris chaque fois que je regarde une série anglaise genre Barnaby, c'est la scène classique : l'inspecteur vient apprendre au mari que sa femme (ou le contraire) vient d'être assassinée et ensuite ça se termine invariablement par "je vais vous faire du thé" : ça doit effacer la douleur, une vraie potion magique. C'est peut-être ça la potion d'Astérix ? Very Happy 
Bon assez plaisanté.
La solution de Merrivale tient la route elle aussi, un peu plus complexe peut-être mais logique.
Ce serait "rigolo" de soumettre le problème à Paul Halter himself !
J'ai évoqué les séries anglaises. En ce moment nous avons droit à deux excellentes séries : Morse jeune, qui malheureusement vient de se terminer et Broadchurch.
Il faut reconnaître qu'ils sont doués pour nous offrir des séries de qualité. Après la fin de Morse ils ont eu l'idée de poursuivre la série avec l'inspecteur Lewis (nouvelle saison la semaine prochaine) et maintenant avec Morse jeune, une autre excellente idée avec des scénarios travaillés, captivants.
Vivement lundi prochain pour connaître la fin de Broadchurch. Qui est le coupable ?

renato

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Re: L'étrange disparition du docteur Brown

Message  RipperReed le Mar 25 Fév 2014 - 7:32

Bravo à Merrivale pour cette solution alternative.
Je dois dire qu'il s'agit d'après moi exactement de l'esprit de cette rubrique : un "laboratoire " d'idées. Les publications de mecc sont tellement rares qu'il doit y avoir énormément de mecc qui ne sont pas publiés. Pourquoi ne pas leur donner une chance ici. Et pourquoi ne pas essayer d'en faire exister de nouvelles.

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