La femme qui prit peur (A. Abbott, 1935)

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La femme qui prit peur (A. Abbott, 1935)

Message  Merrivale le Lun 14 Avr 2014 - 13:55

Au milieu des années 30, un couple de médiums, suspectés de fraude, accepte, pour se dédouaner de cet accroc à leur réputation, de communiquer à la police de New York des informations sur un crime dont personne n'a jamais entendu parler : l'esprit d'une femme annonce avoir été victime d'un assassin qui l'a démembrée et a immergé ses restes au large. Les ossements d'une jeune femme sont effectivement retrouvés dans une malle, au lieu dit : Les esprits disaient vrai...

La fine fleur de la police new-yorkaise confrontée à des médiums pas très clairs, le récit commence comme du Clayton Rawson. Mais Thatcher Colt, le chef de la police n'a nul besoin du Grand Merlini pour débrouiller cette affaire.
Car une fois ce préambule posé, le recit quitte les rivages fantastiques pour devenir un roman de type 'procédural': toutes les pistes sont systématiquement creusées par un bataillon d'inspecteurs, en un ballet rythmé qui n'a rien à envier à nos modernes séries policières (y compris jusque dans la reconstitution du visage de la victime à partir de ses restes, une prouesse de médecine légale qui tient la dragée haute aux Experts et autres Bones... avec 80 ans d'avance...)
Le chef de la police, en bon armchair detective, débrouille toute l'affaire à partir de ces divers rapports. C'est à peine s'il s'absente une journée pour aller faire le coup de poing contre des gangsters, péripétie un peu gratuite sans doute pour faire "moderne", qui lui vaudra de passer toute la suite du récit avec le bras en écharpe sans que cela ne serve le propos en quoi que ce soit.

Outre ses qualités intrinsèques (une construction bien pensée [je ne sais pas comment dire autrement, mais je trouve la table des matières intellectuellement harmonieuse, avec ses sections qui graduent la progression de l'enquête], un récit bien mené et plutôt vivant pour une succession d'interrogatoires et de rapports, une intrigue de fond qui n'a pas trop mal vieilli car ne reposant pas comme souvent sur des ressorts psychologiques devenus désuets), je m'interroge néanmoins quant à la pertinence de citer ce récit parmi les meilleurs crimes impossibles. Le 1001CC lui attribue même ****, ce que je m'explique quand même difficilement, quand on songe que l'argument fantastique initial reste pour les enquêteurs une question marginale, et qu'ils résolvent d'ailleurs en quelques pages dès qu'ils décident de se pencher plus précisément sur l'énigme des communications médiumniques (résolution d'ailleurs un brin décevante).
Bref, attention amis lecteurs, ne vous attendez pas à trouver ici un récit tout entier baigné dans une ambiance qui flirte avec le fantastique... C'est loin d'être le cas. [Bien sûr ce forum est le lieu idéal pour essayer de me convaincre du contraire  Smile ]

Ceci dit, le mariage entre crime et médiumnie est une thématique qui doit bien pouvoir porter de beaux fruits de temps en temps; j'ai sur mes étagères Hantise de Forrest et Le médium perd ses esprits de Lovesey, que je projette de lire un jour prochain, histoire de voir comment la même thématique est abordée quelques décennies plus tard...

Merrivale

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Re: La femme qui prit peur (A. Abbott, 1935)

Message  meurdesoif le Mar 15 Avr 2014 - 0:05

Marrant de voir quels romans se dégagent des 1001 CCCI... Surtout quand ce sont les mêmes que l'on a soit-même repérés. Après, entre repérer et trouver...

meurdesoif

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