On ne me pendra pas - James RONALD (1938)

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On ne me pendra pas - James RONALD (1938)

Message  Merrivale le Mer 8 Avr 2015 - 19:19

On ne me pendra pas est un ouvrage recommandé par Roland Lacourbe dans ses 99CC (et repris dans le 1001CC), sur le thème de la série sanglante, schéma classique dans lequel un groupe de victimes désignées se fait assassiner les unes après les autres.
Cette fois-ci, le destin menaçant est littéralement incarné : il s'agit de Lucius Marplay, le créateur d'un journal londonien, qui, s'estimant spolié par ses associés, s'est promis de les supprimer un par un.
L'ouvrage nécessite une certaine dose de suspension of disbelief dans ses premières pages. Les tendances homicides de Marplay l'ont conduit à l'asile, où il est resté enfermé pendant 20 ans... 20 ans durant lesquels il n'a jamais donné signe de vie à sa fille. Fille à laquelle il avait pourtant l'air de tenir, puisque sa naissance l'avait suffisamment détourné de son journal pour laisser les mains libres à ses associés... Un peu dur à croire. D'autant que Marplay est somme toute plutôt sympathique pour un fou homicide. On prend plaisir à le voir flouer son monde pour s'évader... avec une telle facilité qu'on se demande bien pourquoi avoir attendu aussi longtemps...

Cet étonnement initial passé et ce postulat admis, les événements s'enchaînent sans temps mort sitôt que l'évadé met ses plans à exécution. Un par un, chacun des associés reçoit un avis de décès typographié qui prophétise les circonstances de sa disparition programmée. Bien évidemment, à chaque nouvelle victime les conditions de sécurité se renforcent et chaque crime devient plus impossible que le précédent, l'assassin surgissant et disparaissant des bureaux des victimes sous constante surveillance.

L'ensemble est enlevé, assez moderne dans sa narration éclatée : même si le fil conducteur suit globalement l'enquête perso de la fille de Marplay sur ce père un peu encombrant, les chapitres s'intéressent également à la perplexité des enquêteurs, aux tourments des condamnés à mort, et aux personnages parfois louches qui gravitent autour de ce petit monde.

Bien évidemment, les successions d'impossibilités réduisent le champ des possibles [oui, c'est une lapalissade, mais vous voyez ce que je veux dire...], et les réflexes du lecteur chevronné font le reste : même si je n'avais pas tout compris, la première chambre close m'a mis sur la piste et la deuxième a confirmé mes impressions.

Je reste donc sur une impression en demi-teinte quant à une explication finale que j'attendais plus surprenante, eu égard à sa note de ****. Mais tout ça est plutôt bien trouvé et bien agencé. Pour le reste, le récit est plaisant, bien mené et habile à maintenir l’ambiguïté sur le rôle exact que jouent les personnages secondaires. Ce jeune Lord entreprenant, cet écossais à l'accent intermittent, ce clochard ex-journaliste... qui est complice? bien malin qui peut démêler les victimes des coupables...

Reste que le criminel a usé dans ses œuvres d'un ustensile que je ne connaissais pas... et mon ami google non plus, visiblement. S'il y a sur le forum une bonne âme ayant lu cet ouvrage et pouvant m'apporter quelque explication sur cet inédit moyen de dépêcher ses contemporains, je suis preneur. Wink

Merrivale

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